Gilles Tarabiscuité

IGBOS no 1

2019

Photographie, encre UV sur polystyrène

Œuvre originale
91 x 91 cm

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Emplacement

121-131, rue Loring, Drummondville

Description de l’œuvre

L’œuvre fait partie du projet Appropriation culturelle dans lequel Gilles Tarabiscuité aborde le thème des Juifs noirs Igbos du Nigéria. Dans cette recherche artistique, il s’intéresse aux modèles identitaires et remet en question leurs perceptions. Partant du principe que les identités culturelles sont mouvantes et se transforment, l’artiste s’adonne à les construire et à les déconstruire en photographie.

IGBOS no 1 s’inscrit dans une recherche formelle de l’artiste qui tente d’annuler l’effet de planéité de la photographie. Il fabrique, assemble, puis photographie des triangles de carton, qui forment des polygones suspendus dans les airs. Le dégoulinage sombre confère à la fois un effet de flottement et une impression de matérialité à l’image. Dans les coulées visqueuses et pesantes se dévoilent des parties de visages. Le résultat final demeurant plutôt abstrait, la question des Igbos n’est donc aucunement abordée sous l’angle documentaire.

Ainsi, Gilles Tarabiscuité cherche plutôt à induire un questionnement chez celui qui regarde et joue sur la notion de perception et de réception de l’image.

Balado

Gilles Tarabiscuité

Biographie

Titulaire d’un doctorat en histoire de l’art, Gilles Tarabiscuité s’est intéressé à la question des cabinets de curiosités et à l’histoire des collections aux XVIᵉ et XVIIᵉ siècles. Aujourd’hui engagé dans une démarche explorant la construction photographique, l’artiste s’intéresse principalement à la photo contemporaine. Son travail s’effectue uniquement avec des appareils photo numériques à capteurs plein ou moyen format (SONY A7R ou PHASE ONE). En plus de sa pratique artistique, il enseigne le multimédia et la photographie au département de graphisme du Cégep Marie-Victorin.

Au cours des dernières années, il a remporté divers prix en photographie, dont la seconde place au Tokyo International Foto Awards, en 2017. Il a également participé à plusieurs expositions solos et collectives tant au Québec et au Canada qu’à l’international, notamment au Japon, en France, en Allemagne ou encore aux Pays-Bas.

Démarche artistique

Perception du réel

Les projets de Gilles Tarabiscuité consistent en une série de photographies témoignant des diverses étapes de fabrication de ce qu’il appelle une image-fiction. Sa démarche artistique se situe ainsi à la frontière de plusieurs courants en photographie, dont la Nouvelle objectivité et la Straight Photography. D’une part, en cherchant à produire des prises de vue de la manière la plus objective et la plus réaliste possible, l’artiste pratique l’enregistrement factuel du réel. Il met ensuite le tout en scène, à travers une image-fiction, une image composite. Finalement, le rendu plastique de ses œuvres est plutôt abstrait. Toutefois, par ses interventions successives, l’artiste tend objectivement à se rapprocher de la photographie pure.

L’artiste dit de sa démarche : « En bref, je détourne des éléments photographiques dits objectifs pour un résultat tarabiscoté, mais potentiellement plausible visuellement en tant que captation du réel dans le but de recréer une image qui pourra (ou pas) être perçue comme une trace de ce qui a été ».

De plus, Gilles Tarabiscuité cherche à produire des effets tridimensionnels, avec comme objectif avoué de se libérer de la planéité associée au médium de la photographie. Pour arriver à matérialiser les trois dimensions, il travaille d’abord à construire des formes triangulaires qu’il assemble par la suite en polygones. Sur ces polygones devenus installations qui occupent l’espace en volumétrie, il applique et colle d’autres couches de photographies qu’il a prises au préalable. Puis, il photographie l’ensemble à nouveau. Comme des couches visuelles qui s’empilent au fur et à mesure, les prises de vue s’enchaînent, s’additionnent et se conjuguent pour former des effets visuels nouveaux. L’attachement de l’artiste à mettre en scène la forme triangulaire découle d’une fascination pour l’architecte et designer Buckminster Fuller (Biosphère, Pavillon des États-Unis, Expo 67). Hommage ou inspiration, le triangle parcourt une bonne partie de son œuvre et lui permet d’exprimer formellement la tridimensionnalité dans ses créations.

Tout comme son travail formel donne à voir des couches et des dimensions multiples, les sujets qui animent Gilles Tarabiscuité sont tout sauf unidimensionnels. En effet, il s’intéresse à des thèmes comme l’immigration, les signes religieux, la diversité de genres et sexuelle, l’environnement, l’art contemporain ou l’appropriation culturelle. Il s’intéresse particulièrement aux questions éthiques et aux controverses que soulèvent ces sujets pluridimensionnels et polysémiques.

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